LES ARCHEOLOGUES DE L’UNIVERS de Léo Van Roy – Le Court Du Mois

pertinence.retinienne/ mai 7, 2020/ Le Court Du Mois/ 0 comments

Les Archéologues de l'Univers - Léo Van Roy

Je n’avais pas encore proposé un documentaire dans Le Court Du Mois, désormais c’est chose faite. Je vous présente Les Archéologues de l’Univers de Léo Van Roy, un documentaire étudiant de 13min15 réalisé en 2018.  

INTERVIEW : Rencontre avec Léo VAN ROY

Salut Léo et merci de partager ton film avec nous. Avant d’entrer dans les détails pourrais-tu te présenter et nous dire quelques mots sur ton parcours ?

Salut Quentin, c’est avec un grand plaisir que je vous partage aujourd’hui mon film (j’espère qu’il vous transportera loin…!)  Cela fait maintenant 8 mois que je suis diplômé de l’école SATIS (Sciences Arts et Techniques de l’Image et du Son), parcours méthode de productions et techniques de réalisation. Depuis, j’ai obtenu un emploi (suite à un stage de fin d’études) à HVH en direction de production. HVH est une société de production audiovisuelle qui réalise des clips et des publicités.

Les Archéologues de l’Univers est un documentaire que tu as réalisé dans le cadre de tes études à SATIS. Pourrais-tu nous expliquer les conditions et les contraintes dans lesquels il a été produit ?

La réalisation d’un documentaire scientifique est un exercice imposé en Master 1 lors du parcours d’études à SATIS. Chaque année, l’école est en collaboration avec un organisme scientifique différent. Cette année, ce fut l’espace et l’univers. Inspiré par les propositions de sujets des scientifiques de l’OSU Pythéas en 2018, j’ai tout de suite imaginé réaliser un documentaire avec comme sujet principal : “l’âge de l’univers”. Je suis passionné par l’astrophysique, l’astronomie et la cosmologie depuis plusieurs années maintenant et cela m’a grandement aidé dans cette tâche. Les conditions de production du documentaire ont cependant été rudes : 13 minutes maximum, petit budget de production ainsi que 4 jours de tournage maximum. Ah, l’école… On nous laisse libre de créer, d’imaginer, de concevoir pour au final nous imposer de nombreuses contraintes qui vont à l’encontre de nos ambitions… Et là, l’exercice devient intéressant. Il faut se battre pour ses idées jusqu’au bout et c’est ce que j’ai fait. Pari risqué, pari gagné.

Un documentaire sur l’Histoire de l’Univers en moins de 15min, ça doit être vertigineux à aborder. Pourquoi ce sujet et comment l’as-tu abordé ?

L’âge de l’univers… le savez-vous ? 13 milliards d’années.  Savez-vous ce que représente ce chiffre? Je ne pense pas… Ne vous méprenez pas. Je ne dis pas ça avec arrogance ou prétention. Je dis simplement ça car il y a des choses dans notre histoire qui sont très difficile à conceptualiser, à imaginer, à reproduire. Lorsque ce sujet m’est tombé entre les mains, j’ai tout de suite su que je voulais m’en emparer pour le vulgariser. Savez-vous qu’elle a été ma première recherche sur ce sujet? Facile… Question google : “quel est l’âge de l’univers ?” Cette question est si passionnante qu’elle en est effrayante. Une fois la réponse en poche, je me suis rapproché d’un astrophysicien du LAM de renom : Michel Marcelin. Expert en cosmologie, nous avons eu de nombreuses conversations et de nombreux débats sur : comment vulgariser ce nombre si… astronomique? Il nous est venu l’idée de poursuivre le concept imaginé par Carl Sagan : le calendrier cosmique. Ce concept nous donnait l’avantage de transposer ces 13 milliards d’années sur une année classique : du 1er Janvier au 31 Décembre.

Cet exercice fut en effet vertigineux mais passionnant. Outre le concept du calendrier cosmique évoqué dans mon documentaire, il y a eu de nombreuses séquences intéressantes à imaginer et développer.

Parmi ces séquences, j'aurais aimé que tu nous parles de ces images incroyables où des "matières" se mélangent, rappelant les gaz et la matière des étoiles. Pourquoi ces séquences et comment les as-tu réalisées ?

Comme tu le dis si justement, ces séquences représentent des matières, des particules, de la matière noire. Elles interviennent en ouverture et en fermeture du documentaire. Elles représentent une proposition visuelle et sensorielle de la création de l’univers et de son extinction. Ce sont des grands mots et pourtant… Ce sont les mots adéquats à ces séquences : le commencement et la finition. Comment représenter le big bang et la création d’étoiles ? Outre de la 3D et des effets en tout genre, nous devons laisser place à notre plus plate imagination. J’ai réalisé des expériences dans un aquarium, sur fond noir. La caméra est en face de l’aquarium et une lumière “en douche” vient éclairer le sujet et uniquement le sujet. Autrement dit, le mélange de matière. J’ai symbolisé la matière et les étoiles avec de la peinture, de l’encre, de la poudre, du sable, des paillettes. Accompagné de seringues et de nombreux autres ustensiles, je mélange ces fluides dans différents supports. Une caméra (Ursa) capable d’enregistrer des images à 250 images/secondes apporte des ralentis d’une rare qualité à nos expériences. Et voici que je m’aventure dans un monde qui m’était alors totalement inconnu : l’art visuel. Pari risqué? Oui. Si ces effets sont ratés, alors le documentaire aura un arrière goût d’essai artistique, d’amateurisme prononcé. Or, avec beaucoup de préparation et le goût du risque, on arrive souvent à un cocktail explosif.

Il y a un très gros travail sur le son dans l’ensemble du film : la musique, la voix off, les ambiances et sound design qui accompagne les séquences dont on vient de parler. Comment as-tu travailler avec l’ensemble de tes techniciens sons ?

Dès que j’ai commencé à écrire le scénario de mon documentaire, j’ai très vite compris que la musique, la voix-off et les ambiances du film seront des point essentiels à la compréhension du sujet et à son interprétation. Dans le scénario, il n’y avait pas une seule ligne écrite sans imaginer un son ou un sound-design adéquat.

J’ai souhaité commencer le tournage en possédant déjà une grande partie de la bande originale du film. Pourquoi? Car cela me permet d’anticiper l’ambiance du documentaire. La musique en tête, je connais d’avance la vitesse du dialogue, la vitesse des plans, le rythme du montage…etc. Le gros du travail en production fut donc de travailler avec mon compositeur, Hadrien Hepp à la conception du thème principal du documentaire. 

En parallèle, j’ai missionné mes deux monteurs et mixeurs sons, Alexandre Rocher et Etienne Colin, pour réfléchir et me proposer un sound-design adéquat pour mes séquences dites “expérimentales”. Ce fut une expérience extraordinaire. J’avais réalisé des maquettes non aboutis de ces expériences mais ces images suffisaient à leur donner une idée du résultat final. Lorsque j’ai écouté leurs sound-design en amont du tournage, j’étais bluffé. Lorsqu’ils ont vus les images tournées pendant le tournage du documentaire, ils étaient bluffés. 

La post-production sonore de mon documentaire fut une expérience encore plus excitante que le montage image. Le sound-design et la musique ont donné une seconde vie au film. Tout prenait alors un sens. On ne voyait plus uniquement des expériences bizarres et dénuées de sens mais on embarquait dans un voyage, une expérience visuelle et sonore.

Ajoutons à tout cela la voix-off du film. Et quelle voix-off… Pierre Dourlens ! Un monument du doublage Français. La voix du professeur X dans X-MEN. Rien que ça… Cet homme m’a permis de repousser les limites de mon documentaire au delà de mes espérances. Il s’est emparé de cette voix-off et l’a sublimée.

Merci beaucoup pour ce voyage dans l’espace (“et le temps”) que tu nous as proposé dans Les Archéologues de l'Univers. As-tu des nouveaux projets à venir ?

Plaisir partagé. J’écris en ce moment un second documentaire sur l’univers en parallèle de mon travail dans la direction de production dans une société de production audiovisuelle. Vous en saurez plus très prochainement… 

Q.

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