LCDM : Memories Of An Old Friend – Apollo

pertinence.retinienne/ avril 10, 2020/ Le Court Du Mois/ 1 comments

MEMORIES OF AN OLD FRIEND de François Rabes 

Merci à tous les participants qui m’ont fait parvenir leur clip ! Vous étiez près d’une centaine à vouloir apparaître dans Le Cours du Mois ! Le choix a été très difficile, mais je suis très heureux de pouvoir partager avec vous le clip Memories of an Old Friend réalisé par François Rabes pour le groupe Apollo.

INTERVIEW : Rencontre avec François Rabes

Salut François, merci beaucoup de m’avoir envoyé ton clip et de le partager avec les lecteurs de Pertinence Rétinienne. Pourrais-tu nous dire quelques mots sur toi, et comment tu en es arrivé à réaliser ce clip, Mémories of an old Friend ?

Je suis réalisateur (et auteur). J’ai co-réalisé plusieurs courts, pubs et clips avec Félicie Dutertre, développé aussi plusieurs scripts de long-métrage. C’est un travail en solo pour Apollo, pour qui j’ai clippé deux titres de leur superbe album Heartbreak & Afflictions : FOR YOU et MEMORIES OF AN OLD FRIEND, qui nous intéresse ici.

L’idée du clip on la trimballe depuis longtemps. Bien avant l’écriture de l’album ou du titre MEMORIES OF AN OLD FRIEND. Le concept de raconter le parcours de quelqu’un, d’évoquer différentes époques de sa vie à travers uniquement des images de ses mains, est né il y a plusieurs années.

La réalisation d’un clip est un exercice particulier puisque tu es contraint par une musique, et as des comptes à rendre à des commanditaires, les artistes. Comment s’est passé votre collaboration ?

Pour le coup, étant donné que l’idée était déjà là, on attendait le bon titre, la bonne émotion musicale pour y greffer le concept. Alice m’a fait écouter 3 titres je crois me souvenir, et c’est MEMORIES qui nous a paru évident, pertinent. J’ai commencé par lister des situations par tranches d’âges… et c’est très vite devenu un bottin (rires). Il fallait aussi prévoir des accessoires, des vêtements selon les différentes époques. Un dépouillement précis a donc été nécessaire pour chaque bloc de séquences. C’était vraiment fabriqué “en famille” avec les moyens du bord, mais c’est ce que je préfère. Je revenais à quelque chose de très simple, presque enfantin en collectant toutes ces images. L’impression de revivre mes tous premiers courts-métrages d’horreur, ceux que je “réalisais” quand j’avais 12-13 ans.

 Comment vous est venue l’idée de raconter la vie d’une personne uniquement à partir de ses mains ? Pourquoi ce choix ? Et n’était-il pas trop “effrayant” de s’écarter d’un clip conventionnel ?

Il y a d’abord une volonté affirmée de la part d’APOLLO de ne pas forcément apparaître à l’image. C’est même devenu une condition (rires). On partage avec Alice le goût des clips narratifs aux univers décalés, qui s’écartent justement des formatages pour proposer un point de vue original, un angle inattendu. C’est ce qu’on a tenté de réaliser, en toute modestie, avec MEMORIES OF AN OLD FRIEND et FOR YOU.

Bon et alors, combien d’acteurs as-tu utilisés pour représenter toutes ces mains ?

25 paires de mains différentes ont été nécessaires pour venir à bout de ce marathon de plans ! J’avais besoin d’illustrer la chronologie d’une vie : la petite enfance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, la maturité, la vieillesse… Tout notre entourage a été sollicité et a joué le jeu. Une fois le processus enclenché, c’est devenu une obsession pour moi de récolter le maximum d’images. Tous les moyens étaient bons. Chaque situation de la “vraie vie” devenait prétexte à tourner des plans : un dîner, noël, les vacances… Je me suis même servi de l’anniversaire d’un pote pour transformer sa soirée en séquence “mariage” (rires). Par souci de perfection, je demandais aux participants de faire et refaire différents types d’actions, de mouvements. Quand ma nièce Elizabeth, 6 ans au moment de la fabrication du clip, me voyait arriver avec mon Canon 5D, elle me disait “oh non tonton, pas les mains” !

 Dans ces conditions, le tournage a dû être assez long. Combien de temps a-t-il duré ?

C’est mon tournage le plus long (rires). Étant donné qu’il s’agit d’une auto-prod, sans l’ombre d’un budget, le seul luxe dans ce type d’aventure, c’est le temps. Et il en a fallu car le tournage des multiples vignettes s’est étalé sur plusieurs mois, différentes saisons, différents lieux. Il fallait aussi pouvoir trouver des créneaux avec tel ou tel intervenant. Bref un projet de longue haleine. J’ai enregistré volontairement une multitude de situations (dont certaines n’ont pas été montées au final) tout en gardant à l’esprit la notion de narration, d’évolution du personnage. Il ne s’agissait pas uniquement d’enchaîner des actions, mais bien de raconter un parcours en illustrant des instantanés. Le talent du monteur Aurélien Abd El Fattah, avec qui j’adore collaborer, a d’ailleurs joué un rôle déterminant dans notre capacité à transmettre de l’émotion, avec seulement des mains à l’écran.

Techniquement, comment as-tu abordé ces prises de vues ?

Tout a été filmé au 5D avec un seul et unique objectif 24-105mm (ainsi qu’à la GoPro pour le plan sous l’eau). Le 5D était l’appareil dont je disposais, qui me permettait de ne pas dépendre de qui que ce soit et d’être léger pour tourner. Ne pouvant jouer sur la variation de focales, j’ai utilisé différentes techniques pour illustrer les vignettes : reflets, defocus, mouvements, lumière… et très souvent des amorces. J’aime beaucoup composer un cadre, surtout lorsqu’il s’agit d’un plan serré avec la présence d’amorces. Elles m’aident à structurer l’image… à l’encadrer d’une certaine manière. Même si je faisais attention à ne pas en abuser. Je me répétais souvent “trop d’amorce, tue l’amorce” (rires).

Et puis tout dépendait aussi de ce que je souhaitais transmettre comme émotion. C’était aussi et surtout une question de distance avec le sujet, varier les focales tout en préservant l’idée de promiscuité avec le personnage et sa trajectoire.

Merci beaucoup pour toutes ces réponses et pour ce beau clip. As-tu des projets en préparation ? Peut-être un nouveau clip en prévision avec Apollo ?

On adorerait tourner un nouveau clip ça c’est sûr ! MEMORIES a été fabriqué en auto-prod, FOR YOU en revanche a bénéficié du soutien de la SACEM et du CNC. Chaque clip a été un process particulier mais nous a permis d’être totalement libres. J’ai un nouveau concept en tête que j’aime beaucoup, dans un univers très différent. On verra si un des titres de l’album peut s’y associer et comment le produire, car il nécessite quelques moyens. A moins qu’une idée lumineuse et “facile à faire” surgisse de nulle part !

Pour en voir plus :

  • Le clip For You de Apollo, réalisé également par François Rabes dont il parle à plusieurs reprises est disponible ici

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