Fréquence d’images

Pertinence.retinienne/ juillet 20, 2019/ Articles Techniques/ 1 comments

Après un article sur les procédures de tournages la semaine dernière, nous allons voir un paramètre technique très important qui est la fréquence d’images (Framerate), ou nombre d’image par seconde.

Définition

La fréquence d’images est une unité indiquant le nombre d’images qui vont être diffusées (ou enregistrées) en une seconde. On la note souvent i/s, ips ou fps (frame per second).

Une vidéo est en réalité une suite d’images fixes. Selon la rapidité de la succession de ces images, on aura une vidéo plus ou moins fluide ou saccadée. Pour information, notre cerveau lit une série d’images fixes comme une action continue grâce à deux phénomènes : la persistance rétinienne et l’effet phi.

Lorsque l’on choisit la fréquence d’images, il y a généralement deux motivations principales : le workflow et/ou un effet spécial.

Le Workflow

Le workflow est un concept TRES important dans la chaîne de production d’un film. Suffisamment pour que j’y consacre un article complet très prochainement !

En résumé, le workflow est le fait d’optimiser les différents paramètres techniques pour assurer une continuité et une cohérence durant toute la chaîne de production du film. En général, on part de la cible de diffusion du film pour définir les paramètres que l’on appliquera dès le tournage. Cependant, d’autres éléments techniques, comme des effets spéciaux, peuvent venir demander une certaine adaptation.

Pour en revenir au Framerate (fréquence d’images), il existe des « standards » auxquels il est toujours bon de se référer pour respecter un bon workflow.

Résultat de recherche d'images pour
Caméra à Manivelle

Au tout début du Cinéma, suite aux différentes expérimentations, on s’est rapidement rendu compte qu’un minimum de 10 images par secondes étaient nécessaires pour avoir une illusion de mouvement. Pour garder une certaine fluidité, on tournait approximativement à 16i/s (entre 14 et 20 selon l’opérateur et le projectionniste).

Avec l’apparition du son synchrone, cette fréquence d’image n’était pas suffisante pour obtenir toutes les fréquences sonores. Il fallait donc augmenter le nombre d’images par secondes sans exagerer car la pellicule coûte cher. 24i/s semble un bon compromis qualité/prix.

Puis on inventa la télévision. En résumé, pour assurer une bonne régularité on a synchronisé le nombre d’images par secondes avec la fréquence du réseau électrique. Etant à 50Hz en Europe, la télévision est à 25i/S et aux Etats-Unis (ou au Japon), comme ils sont en 60Hz, ils ont adopté le 30i/s.

Récapitulatif des standards : :

  • Cinéma : 24i/s
  • Télévision Européenne : 25i/s
  • Télévision Etats-Unis & Japon : 30i/s

Et là, je vous vois venir, vous allez me dire que parfois d’autres choix sont possibles, plus barbares : 23,976 i/s, 24,975 i/s ou 29,97 i/s. Qu’est-ce que c’est que ça ?

Ce sont des standards qui sont apparus quand les télévisions cathodiques ont commencé à diffuser en couleur. Ils s’expliquent par des calculs techniques compliqués, mais retenez que ça a été la solution pour éviter les interférences entre les signaux noir et blanc et les signaux couleurs en analogiques. Et au risque de me tromper : ce n’est quasiment plus utilisé actuellement !

image

Conclusion :

Aujourd’hui, vous avez trois standards à connaître : 24i/s, 25i/s et 30i/s. Quasiment tous les supports de diffusion (projecteur cinéma / télévision / ordinateur) sont capables de lire ces trois standards. Mon conseil serait donc : respectez les conventions s’il n’y a aucune intentions artistiques derrière. MAIS, vous pouvez aussi vous amuser avec le choix du framerate pour donner un effet particulier. La trilogie des Hobbits par exemple a été tourné à 48i/s, ce qui donne des images beaucoup plus fluides. Ce n’est pas sans rappeler les jeux vidéos qui sont généralement à 60i/s. Bref, sentez-vous libre mais faites des tests !

Les Effets :

Exceptionnellement, on peut modifier le framerate à la prise de vue pour faire des « effets ». Je veux bien entendu parler des ralentis et/ou des accélérés ! Cependant, même si on tourne à une fréquence d’images différente, le but est de conserver à la diffusion le framerate établit par le workflow, c’est ce qui créera l’effet attendu.

L’accéléré :

Pour faire un accéléré (on parle parfois de TimeLapse), il est nécessaire de réduire le nombre d’images par seconde. Par exemple, si on enregistre une image par seconde, et que l’on diffuse à 25i/s, lorsque l’on regardera le film, on verra 25 secondes diffusées en 1. C’est un accéléré x5.

J’aurai l’occasion de revenir plus en détails sur ce procédé, mais je vous laisse le soin d’imaginer l’importance de faire des calculs. Par exemple : je sais que je veux un plan qui dure 5 secondes sur lequel je vois la soleil se coucher. Si l’on veut filmer le coucher de soleil pendant deux heures, il faut bien déterminer le framerate.

Le Ralenti

En revanche, si l’on veut faire un beau ralenti, il est important cette fois-ci d’augmenter le nombre d’image par seconde. Si l’on film 100i/s et qu’on les diffuse à 25i/s, on obtiendra un ralenti x4. De la même manière, il faudra bien réfléchir en amont au type de ralenti que l’on souhaite obtenir et au phénomène que l’on souhaite filmer.

Je reviendrai de façon plus précise et plus techniques concernant le tournage en accéléré et en ralenti. En attendant, j’espère que la notion de fréquence d’images est plus claire pour vous. Je tenais à préciser que le framerate est forcément lié au temps d’exposition et que c’est toujours à prendre en considération, mais ça, c’est une autre histoire ! 😉

Q.

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